La première édition de cet album, qui est la vingt-quatrième aventure du petit héros Gaulois, est tirée à 1 500 000 exemplaires en langue française et paraît en mars 1979. La popularité d’Astérix est plus forte que jamais au milieu des années 70 (1 300 000 exemplaires depuis la sortie du « Devin »).

Mais tout commence en 1951 en Belgique. En effet, Albert Uderzo et René Goscinny se rencontrent la première fois dans une agence de presse bruxelloise dénommée International Press. De suite, une complicité se noue entre nos deux amis, ce qui les conduira huit ans plus tard à la création des aventures de notre héros favoris: Astérix le Gaulois.

L'aventure "Astérix chez les Belges" a la particularité d'être le dernier scénario écrit par René Goscinny. En effet, le 5 novembre 1977, René Goscinny est victime d'une foudroyante crise cardiaque. Il n'est âgé que de cinquante et un ans. Albert Uderzo est anéanti, c'est son plus proche ami qui disparaît. Ils ont partagé vingt-six années de travail dans la plus grande complicité et la plus parfaite entente. Il était né entre eux une complicité extraordinaire et indéfectible que rejoignaient leurs épouses respectives (Ada Uderzo et Gilberte Goscinny) ainsi que leurs deux filles. René agissait envers Albert comme un frère très protecteur et vigilant alors que René n’était l’aîné d’Albert que de huit mois.

Le scénario d’ « Astérix chez les Belges » est terminé et il ne reste que sept planches à dessiner. Mais à cette époque, René Goscinny était en conflit avec Georges Dargaud. René demande donc à Albert de ne pas terminer. Le dessinateur, qui est relancé par l’éditeur, informe celui-ci qu’il respectera la dernière volonté de son coauteur et ami, et ne livrera plus de planches. Dargaud contraint Uderzo à achever l’album en passant par les tribunaux, sous peine d’une astreinte de 10 000 francs pour chaque jour de retard. L’album est finalement publié en 1979 et fait aujourd’hui encore le bonheur des lecteurs qui sont ravis de retrouver Astérix animé une dernière fois par le génie comique de René Goscinny. Albert Uderzo envisage un moment ne pas donner de suite à la série. C’est soutenu par les lecteurs qu’il changera peu après d’avis étant extrêmement touché par toutes les marques de sympathie qui lui arrivent par la poste. En effet, devinant son désarroi profond, beaucoup de lecteurs lui écrivent pour l’encourager à reprendre la suite d’Astérix. Albert Uderzo témoigne : « Un de ces lecteurs, dont j’ai gardé la lettre, est assez péremptoire et m’explique que je n’ai pas le droit d’arrêter la série car le personnage n’appartient pas aux auteurs mais aux lecteurs. » René Goscinny avait déclaré quelques semaines seulement avant son décès (en septembre 1977) que ses héros lui survivront.

La principale source de documentation de René Goscinny est « La Guerre des Gaules », d’un certain Jules César. Pour « Astérix chez les Belges », René va construire toute son intrigue sur base de l’une des citations authentique du maître de Rome : « De tous les peuples de la Gaule, ce sont les Belges les plus braves. ». Le militaire met ici en valeur ses adversaires pour mieux renforcer sa gloire aux yeux du Sénat et du peuple romain. Néanmoins, il est clair que la résistance des guerriers belges l’a profondément impressionné. René Goscinny s’engage dans la rédaction d’un synopsis remarquablement précis et détaillé après une période de maturation de ses idées de plusieurs mois. Il décrit chacune des futures planches de l’aventure avec la plupart des dialogues définitifs. Pendant une semaine René se met à écrire le synopsis d’arrache-pied. Ensuite, il réalise le découpage pour chaque planche. C’est à ce moment qu’Uderzo prend le relais. Le dessinateur reproduit exactement ce que Goscinny a imaginé. Leur collaboration relève presque de la télépathie. Le scénariste a une grande capacité à renouveler les codes qu’il a lui-même imaginés. Il y a toutefois un grand chamboulement dans cette aventure : les Romains sont heureux de leur voisinage avec les irréductibles Gaulois !

Dans cette aventure, nous retrouvons les caricatures de Pierre Tchernia (ami commun de René et d’Albert - c’est sa cinquième apparition dans la série, un record !), d’Eddy Merckx et d’Annie Cordy. Nous retrouvons également les Dupond-t plus vrais que nature. Uderzo démontre son talent pour reprendre le style de ses collègues, et de plus en reproduisant à merveille le lettrage des albums de Tintin.

Les expressions belges et les calembours  sont nombreux dans cette aventure. Nous retrouvons par exemple les expressions bien typiques : « drôlement », « ça il ne faut pas faire », « tire ton plan », « autant de sa part », « tu viens avec ? », « donner une baise », « faire blinquer les cuivres », « une fois », « carabistouilles » et bien d’autres qui donnent à cet album des accents régionaux.

La fin de l’aventure a une issue heureuse pour Astérix et Obélix. La dernière case de l’album voit l’apparition d’un lapin inconsolable quittant la table du banquet… Car « Lapaing », c’est le tendre surnom donné par René Goscinny à son épouse niçoise Gilberte.

 

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