Voici une distinction bien méritée ! Après avoir été longtemps un outsider, un « oublié » du Festival d’Angoulême, Hermann accède enfin en 2016, au rang du Grand Prix pour l’édition 2017.

Qui d’autre peut s’enorgueillir d’avoir une aussi longue carrière et d’avoir touché à tous les genres : le western, les pirates, la BD réaliste et les aventures historiques ?

 

 

Il a su être son propre scénariste mais il a également travaillé avec Greg, Jean Van Hamme et Yves H. (Yves Huppen, qui n’est autre que le fils du dessinateur).

Hermann a une personnalité forte et franche, c’est sans doute un peu pour cela que ce Grand Prix a tant tardé… Mais comme le disait Greg, il préfère perdre un ami plutôt qu’un bon mot. Il l’avoue lui-même, qu'il ne va pas changer à son âge.

 

 

Hermann est guidé par le défi de la narration, ce qui lui permet de garder cette énergie et d’enchaîner les albums à une vitesse prodigieuse. Le mélange texte-dessin le passionne lorsqu’il fait ses propres scénarios. Il cherche une narration cinématographique. Hermann trouve que ne faire que ce que l’on a envie, entraîne forcément de la lassitude en termes de lieux et d’ambiances. « Un scénario, c’est comme si vous posiez un piquet dans la mer et que vous attendiez que des moules viennent s’y accrocher. »

Hermann n’a jamais fait d’études de corps d’après modèle nu, il travaille beaucoup d’après photos qui lui servent uniquement de documentation. En termes de décor, Hermann aime les histoires se passant aux Etats-Unis car tout est ouvert et laisse la place à l’imagination. Par contre, il a peur que les décors de vieilles pierres de l’Europe ne nuisent à la liberté du récit. Hermann déteste dessiner tout ce qui est moderne comme les habits, les architectures, les voitures et, par-dessus tout, des personnages qui discutent autour d’une table ! Hermann a un sentiment de culpabilité lorsqu’il ne fait rien. Et pour lui ne rien faire, c’est ne pas dessiner. Il aimerait bien ralentir son rythme, mais n’y parvient pas. Il faut dire qu’en 2016, il a sorti deux nouveaux albums : « Jungle City » ("Jeremiah") et « Le Passeur ». Son dernier album vient de sortir en janvier 2017 : « Duke »; sa nouvelle série western au Lombard. Mais quand on est passionné, arrêter de dessiner est difficile.

Hermann est un dessinateur très « cinématographique ». Au début de sa carrière, son trait était plutôt assez épais et il s’est affiné au fur et à mesure avec la série « Commanche » puis « Jeremiah ». Dans toutes ses bandes dessinées, les visuels restent très réalistes, Hermann ne triche jamais il dessine ce qu’il voit. Hermann cherche de manière quasi obsessionnelle à trouver des effets de matière, à sculpter la lumière, à créer des atmosphères au service de son récit. Hermann a aussi le sens du mouvement, il est très fort pour cela. Une énergie et une efficacité passent également par l’organisation de chaque case. L’auteur multiplie les changements de prises de vue afin de donner une dynamique naturelle à l’ensemble.

 

 

Hermann n’aime pas être appelé « artiste » car il trouve que cela fait prétentieux. Lorsqu’il entend certains se dire eux-mêmes artistes et parler de leur « œuvre », il trouve même cela pénible... Il lui est arrivé de vendre des planches mais de l’avoir regretté par après. Au départ, ses planches de « Bernard Prince » et de « Commanche » lui étaient souvent demandées, maintenant on lui demande plutôt des planches de « Jeremiah ». Il aimerait pouvoir toujours vendre à des prix accessibles pour tous. Quand il voit les prix atteints par certaines planches de Hergé, il est écœuré. Il ne trouve pas ça normal, c’est trop ! Il ne garde ses crayonnés que depuis peu, car avant il les jetait à la poubelle. C’est pourquoi il existe peu de document sur « Bernard Prince » par exemple. Il s’est également mis à signer toutes ses planches, ce qu'il ne faisait pas avant...

Hermann avoue que lorsqu’il raconte une histoire, il le fait d’abord pour lui-même, jamais en fonction du public. Il travaille maintenant depuis quelque année avec son fils qui traite les scénarios de manière différente.

Dans le métier, Hermann apprécie le travail de Bernard Cosey et de François Boucq pour sa série « Jérôme Moucherot ». Il trouve que sur certains points, Jérôme est même supérieur à Jean Giraud. Mais de manière générale, Hermann parle rarement du métier avec ses confrères qu’il ne voit que dans les festivals.

 

 

 

Les quatre séries mythiques d’Hermann

  1. « Bernard Prince », lancée en 1966 et scénarisée par Greg, elle est publiée dans le journal Tintin.

     

  2. « Commanche », est publiée dès 1969. Cette série est aussi scénarisée par Greg. Il s’agit d’un western, publié dans le journal Tintin également.

     

  3. « Jeremiah », où Hermann ressent le besoin de créer son propre univers. Un univers postapocalyptique qui est publiée par un éditeur allemand « Koralle » et reprise par Dupuis.

     

  4. « Les Tours de Bois-Maury », qui est une fresque médiévale. Elle est publiée chez Glénat, dans la collection « Vécu ».

     

Avis sur la bande dessinée « Duke » :

Le dessin d'Hermann est toujours aussi flamboyant et le personnage principal est magnifiquement trouvé du point de vue graphique. Les paysages du Colorado en automne sont chatoyants. C’est du tout grand Hermann ! Le scénario est signé par son fils, Yves Huppen.

Notation l'article Hermann, Grand prix d’Angoulême

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Liens vers les derniers album de Hermann:

 


Duke - tome 1 - La boue et le sang
(Réduction de 10% sur toutes les BD pour les clients résidant en Belgique)


Jeremiah - tome 34 - Jungle City
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Le Passeur - tome 0 - Le Passeur (one shot)
(Réduction de 10% sur toutes les BD pour les clients résidant en Belgique)

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